Nous avons, parmi nos amis, ce que nous appelons des Grands Malades. Ils ont en commun d'avoir le virus du vin, une maladie pas si rare et qui les pousse à des achats massifs de bouteilles de bonne facture (cette dernière également élevée). Cette fièvre acheteuse entraîne de facto la création de caves pouvant contenir plusieurs milliers de bouteilles. Mais si ces passionnés extrêmes sont loin des petits joueurs que nous sommes, ils n'en sont pas moins nos amis et c'est avec plaisir que nous les recevons pour un diner au thème évocateur : "On se lâche !!".
Au menu, belles étiquettes pour petit comité.


Autre déconvenue , le Puligny 1er Cru Clos du Cailleret 2002 du Domaine des Lambrays, carafé à l'avance, s'est oxydé à vitesse grand V (honte à moi). Le vin n'est plus que l'ombre de lui même, ne délivrant pas grand chose à par ces notes d'oxydation. La soirée commence mal...



le Beaune "Clos des Mouches" de Drouhin et le Puligny "Champ-Canet" de Jean-Marc Boillot. Le premier a un nez superbe, légèrement évolué, mais la bouche n'est pas aussi causante. En revanche, le second, s'il est discret au nez, s'exprime merveilleusement en bouche. Une matière ample, une belle longueur sur des agrumes presqu'exotiques. Merci Monsieur G.




La suite s'annonçait grandiose avec un match de grands du Rhône (Nord et Sud), en totale adéquation avec le plat. Las, le Château de Beaucastel 1998 (Châteauneuf-du-Pape) déposa les armes avant les hostilités pour cause de défectuosité bouchonniesque. Nous nous consolâmes donc avec la Côte-Rôtie "La Mouline" 1991 de Marcel Guigal.
On dira ce qu'on voudra sur les étiquettes mais certaines réputations ne sont pas usurpées, à l'image de cette Mouline dans un millésime exceptionnel en Rhône-Nord. Le nez est présent, expressif, puissant mais sans exubérance, viande séchée, havane, pas franchement empyreumatique mais presque. En bouche, on sent un jeune adulte. Un peu de maturité mais pas encore sage. Je suis heureux de le trouver ainsi car la frustration de l'avoir ouvert trop tôt aurait gâché ma soirée. Une matière ample, riche d'une belle acidité, avec un fruit qui rappelle les groseilles, et une longueur interminable. C'est un grand vin.
Les invités se régalent, nous aussi. La soirée est réussie. Mais pas encore terminée.


Petite curiosité, cette demi-bouteille de champagne Bollinger Spécial Cuvée des années 50. La bulle est absente mais pas la liqueur. Un beau vin évolué.

Nous avons prévu le dessert en fonction des vins proposés. La tarte rustique tout chocolat est garnie d'une ganache amère. C'est la compagne idéale du Porto Vintage 1994 de Taylor. Le nez n'est pas très expressif mais la bouche est sublime. Aucune sensation de chaleur, un toucher de bouche velouté et des beaux arômes de fruits noirs. L'accord est parfait.

Second vin de dessert, un Madère au producteur et à l'âge indéfinis (vraisemblablement années 30). La bouche est un peu puissante mais moins que le 1875 bu chez Rostang. La sucrosité me fait hésiter entre Verdelho et Bual. Les arômes de fève de cacao/grain de café torréfiés prolongent le plaisir de la dégustation de la tarte. Merci Monsieur S.
Les non-amateurs de chocolat (il y en a !!!) se sont consolés avec un assortiment de fruits exotiques (mangue, mangoustans, litchis) et une goutte de Marc du Clos de Tart.
Une bonne soirée somme toute...
François
1 commentaire:
Du Marc du Clos de Tart, tiens donc ...
Bruno
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